II LA PAPESSE [#] L'IMPERATRICE [#]
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Régine PERNOUD : La Femme au temps des cathédrales, STOCK 1980
[extrait pp. 65 sq.] ///////////////////////////////////////////////////////////////////
extrait immédiatement précédent [#]

Femmes instruites

Rares sont les témoignages qui concernent les contemporaines de Dhuoda ------> [#]; on en connaît pourtant quelques-unes dont la culture est attestée, par exemple par leur correspondance, comme celle qu'entretient avec saint Boniface, l'apôtre des Saxons, l'abbesse de Minster dans l'île de Thanet, nommée Eadburge, ou encore Fausta, abbesse de saint-Jean-d'Autun, pour laquelle un prêtre nommé Gundohinus composa un ouvrage [...] ; il y a aussi ce manuscrit des toutes premières années du IXe siècle, qui fut copié par neuf religieuses, lesquelles sont inscrit leur nom : Girbalda, Gislidis, Agleberta, Adruhic, Altildis, Gisledrudis, Eusebia, Vera, Agnès, cela à l'intention de l'archevêque de Cologne, Hidebald, qui exerça son ministère entre 795 et 819. 

[...] Baudri de Bourgueil, en écrivant l'épitaphe d'une certaine Constance, dit qu'elle était aussi savante que la sybille et fait l'éloge d'une certaine Muriel, qui a la réputation de réciter des vers d'une voix douce et mélodieuse. Plus largement n'est-il pas surprenant que l'une des plus anciennes chansons de toile - il s'agit, on le sait, de chansons populaires ainsi nommées parce que, dit-on, les femmes les chantaient en filant - Belle Doëtte, débute par ces deux vers :
Belle Doëtte as fenêtre se sied,/ Lit en un livre, mais au coeur ne l'en tient.

Ainsi cette oeuvrette anonyme du début XIIe siècle, ou plus ancienne encore, montre-t-elle l'héroïne en train de lire, sans d'ailleurs y insister, comme s'il s'agissait d'une occupation habituelle. De même le beau gisant d'Aliénor d'Aquitaine à Fontevraud la figure tenant un livre ouvert entre les mains.

 

Nobles dames et leurs psautiers

Nombreuses sont les nobles dames qui se sont fait copier des psautiers, lesquels d'ailleurs auront presque tous occupé une place dans l'histoire de l'art [...] cf GRABAR et NORDENFALK : La Peinture romane du XIe au XIIe siècle, SKIRA, Genève, 1958. On trouve parmi elles des reines ou des princesses comme Marguerite d'Ecosse (+ 1093), Judith de Flandre (1094), Mathilde de Toscane (1115) -----> [#]; parfois seulement des dames de haute naissance comme cette Anglaise nommée Christine qui mène une vie d'ermite dans le voisinage du monastère de saint Albans et pour qui a été composé le fameux psautier d'Albani conservé à la bibliothèque de Hildesheim.
------> Christina et l'ermite Robert [#]

Aucun historien d'art n'ignore ces oeuvres magnifiques que sont le psautier de la reine Mélisande de Jérusalem, aujourd'hui à Londres, au British Museum, ceux de sainte Elisabeth, gardés à Cividale, ou d'Isambour, reine de France, à la BNF, sans compter celui de la reine Blanche à la bibliothèque de l'Arsenal.Il faudrait aussi mentionner, à Berlin, ce psautier dit "de Salaberge", qui appartint sans doute à l'abbaye du monastère de Laon voué à Sainte-Marie-Saint-Jean qui fut, dès le haut Moyen Age, un centre très remarquable d'étude et de prière. Il avait été fondé par sainte Salaberge, dont la biographie est l'un des textes importants qui nous restent de l'époque mérovingienne [...], à la bibliothèque de Laon, [un manuscrit] (n° 423) porte une signature féminine, celle de Dulcia, en marge d'un manuscrit d'Isidore de Séville; tandis qu'un autre (n° 63) fut probablement exécuté pour l'abbesse Hildegarde qui était la demi-soeur du roi Charles le Chauve.

[...] le romaniste Karl Bartsch [1832-1888] concluait en 1883 :
"Les femmes lisaient plus que les hommes au Moyen Age"
.
Il aurait pu aller plus loin et ajouter qu'elles ne se contentaient pas de lire, mais que souvent elles-mêmes écrivaient, et que ces manuscrits qui témoignent du savoir de leur époque ont souvent été copiés par des mains féminines.


Femmes Copistes

Il arrive en effet que l'on possède des correspondances complètes à propos de manuscrits; ainsi celle qui est échangée entre un certain Sinhold et une soeur désignée seulement par son initiale H. de Lippoldsberg, certainement entre 1140 et 1168. Il lui demande d'exécuter un "recueil de matines" pour lequel il lui fait porter 24 cahiers de parchemin, du cuir, des couleurs et de la soie avec des instructions précises "(...) Pour la transcription du psautier, ne réservez, sur chaque page, que trois lignes pour le début des versets" et comme il s'agissait d'un érudit soucieux de l'authenticité de ce qu'il fait écrire, il insiste sur les fêtes des saints Apôtres : "Ne transcrivez pas les huit leçons de leurs passions, car elles sont apocryphes, sauf la passion de saint André."

La moniale de son côté, lui répond :
"Le recueil de matines dont votre charité nous a confié la transcription, sachez que je l'ai copié avec le plus grand zèle jusqu'à Pâques, mais que je n'ai pas poursuivi plus loin le travail; en effet, pendant l'hiver, écrivant ceci et cela jusqu'à Pâques pour ne pas perdre la main, je n'ai pu terminer cette tâche. J'espère pourtant pouvoir remettre à votre messager le livre enfin terminé à la nativité de la bienheureuse Vierge Marie (8 septembre). Et comme je m'aperçois, ajoute-t-elle, qu'il me manque trois cahiers de parchemin, envoyez par votre messager autant qu'il en faut et deux traités sur les règles de l'art de la rédaction; ainsi que la plante que l'on appelle gentiane pour G. notre soeur." (cité par Jacques STIENNONN, Paléographie du Moyen Age)

 

XIIe s colophon de Claricia Bibl FrancfortOn dispose aujourd'hui d'une source très complète sur ces femmes qui écrivaient - le mot pris dans son sens le plus concret, signifiant copier et non composer. Il s'agit du très savant recueil intitulé Colophons des manuscrits occidentaux des origines au XVIe siècle [Ed. Universitaires de Fribourg, 1965-1976] Le colophon, c'est ce "mot de la fin" que se réserve le copiste quand il a achevé son oeuvre, exprimant son soulagement et parfois le souhait d'une récompense à son effort. [...]
"Hic liber est scriptus, qui scripsit sit benedictus (Ce livre est écrit, soit béni celui qui l'écrivit)."
[...]

Autoportrait de Claricia, ca 1200

On ne réalise pas toujours en effet ce qu'était alors cet harassant métier. Sur cette matière dure qu'est le parchemin - beaucoup moins souple que le papier qui ne commence à être utilisé, on le sait, que vers le milieu du XIIIe siècle - aligner l'un après l'autre les chapitres de traités comportant plus de deux cent ou trois cent folios (doubles pages), cela ne représentait pas une mince tâche. Un copiste y insiste : "Celui qui ne sait pas écrire ne croit pas que c'est un travail. Il fatigue les yeux, il brise les reins et tord tous les membres. Comme le marin désire arriver au port, ainsi le copiste désire arriver au dernier mot." (texte du Xe siècle dans le manuscrit de la BNF Ms Latin n°2447, fol. 236). D'où cette recommandation :
"O très heureux lecteur, lave-toi les mains et prends ainsi le livre; tourne lentement les feuillets et pose tes doigts loin des lettres, etc..." [...]

 

 

 


Colophons

Guda ca 1200 colophon Bibl FrancfortCette pratique du colophon, pour épisodique qu'elle soit, a persisté jusqu'à l'invention de l'imprimerie par Gutenberg qui - précédé peut-être par quelques juifs d'Avignon dans la première moitié du XVe siècle - eut l'idée d'imiter les faiseurs d'images xylographiques, c'est-à-dire gravées sur bois, et surtout de reproduire séparément chaque lettre de façon à pouvoir constituer indéfiniment de nouveaux mots [...] Parmi les copistes répertoriés, bon nombre sont des femmes. [...] Ainsi, dès le XIIe siècle, en Allemagne, plusieurs Ermengarde; l'une précise qu'elle vit au temps de Judtta, prieure de Lamspringe (ce qui permet de dater sa "copie" entre 1178 et 1191); de même une Agnès, abbesse de Quedlinburg, et une autre Agnès, qui, à Admont, a partagé sa tâche avec une nommée Regelindis. Un peu plus tard, au XIIIe siècle, on retrouve une autre Agnès du couvent de Saint-Pierre-de-Padoue; vers la même époque, l'une de ses consoeurs signe de son nom complet : Mechtild Wolders, tandis que dans un cloître de cisterciennes une certaine Elisabeth, en 1260, inscrit une mention très explicite : "Orate pro scriba que scripsit hunc librum : Nomen ejus Elisabeth (Priez pour la copiste qui a écrit ce livre : son nom est Elisabeth)."

Colophon de la moniale Guda, XIIe s., Bibl. de Francfort

Avec le temps, les colophons deviennent moins rares : d'une part nous possédons davantage de manuscrits des deux siècles "médiévaux" [XIVe et XVe siècles], d'autre part, on éprouve davantage à cette époque le besoin de marquer individuellement l'effort accompli : ce désir de personnalisation est caractéisé par le goût pour le portrait, par la signature qui commence à apparaître sur les lettres-missives, aussi bien que sur les ouvrages : toujours est-il qu'au XIVe et XVe siècles, on n'a que le choix parmi les prénoms féminins de copistes : Eufrasie, abbesse de Florence, et une autre, religieuse à Pérouse; Agnès, clarisse à Vilingen; soeur Marie Luebs, cellérière de Sainte-Godelive à Ghistelles; Marie Brückerin, pénitente de Strasbourg, et de nombreuses autres Maria qui sont italiennes. Une multitude de Marguerite : l'une, religieuse à Bruges, copie un manuscrit qui sera enluminé par soeur Cornelia; une autre, recluse d'Heslyngton en Angleterre; deux autres encore, religieuses à Leyde; deux cartusiennes à Sainte-Catherine de Nürnberg; Marguerite de Notre-Dame de Trèves mentionne expressément qu'elle a fini son ouvrage l'an 1467 en la vigile de la Visitation (2 juillet). Marguerite Scheiffartz, de la chapelle de Schillinx à Budapest, précise très joliment qu'elle a, non pas écrit, mais enluminé l'ouvrage : "Omnis pictura et floraztura istius libri depicta ac florata est per me Margaretam Scheiffartz"; Marguerite, fille d'Alexis Saluces, entrée au couvent de Sainte-Marie-et-Sainte-Brigitte de Gênes le 18 février 1470, a commencé le 15 mars à écrire son bréviaire. [...] [Elles] écrivent parfois leur nom dans la langue vulgaire : Margriete Doersdael aux Pays-Bas, Margriete der Weduven à Bruxelles, Greta von Wynschel à Schönau, Margaret Zürlin à Eischstädt [...] Il n'y a pas que des religieuses parmi les copistes. [...] On relève en Allemagne deux nobles dames nommées Elisabeth, l'une au début, l'autre à la fin du XIVe siècle [...] Magdalena Rosentalerin ou Marguerite de Chauvigny. [...] On trouve Marie Coppin, fille d'un écuyer; Marie Régnière, fille du poète Jehan Régnier; Marie Michiels, dont c'est expressément le métier d'être copiste; Mariette, femme de "Person l'écrivain", demeurant à Reims; [...]

 


Femmes du peuple lettrées

Bien des mentions éparses au fil des temps permettent d'aller plus loin; ainsi, au XVe siècle, Jeanne d'Arc au début de sa carrière publique, déclare qu'elle ne sait "ni a ni b"; un peu plus tard cependant sa marraine, témoignant au procès de réhabilitation, déclare : "cela, je l'ai entendu lire en un roman"; ce qui laisse à penser qu'à Domrémy il arrivait que l'on fît des lectures, probablement durant les veillées d'hiver. J.W. Adamson, étudiant l'éducation des femmes à l'époque médiévale, constate que [...] "dans tel village d'Angleterre, un groupe de villageois d'humble condition lisent des livres en Anglais au jour de l'Assomption 1534" [chapitre dans CRUMP et JACOBS The Legacy of the Middle Ages Rééd. Oxford 1943) . [...] Eileen Power a relevé de nombreux testaments dans lesquels des livres sont destinés à des femmes [...]; en 1451, Thomas Cumberworth laisse à sa nièce Anne "My book of the talys of Canterbury", le fameux ouvrage de Chaucer; tandis que Jeanne Hilton donne à sa soeur Catherine "unum librum de Romanse" qui n'est pas autrement précisé.

 

  Moniales enseignantes

Où et par qui les femmes étaient-elles éduquées ? On sait que les filles de bonne famille avaient auprès d'elles une institutrice qui figure parfois dans les actes; ainsi cette Béatrice intitulée magistra comitisse Andegavensis dans une charte d'Arembourge, comtesse d'Anjou, au XIIe siècle.

Beaucoup plus largement, et habituellement, ce sont les couvents de femmes qui se chargent de l'éducation des filles, et aussi souvent - ce qui ne peut manquer de surprendre - des petits garçons. En effet, dès le début du VIe siècle et à l'occasion de la fondation du premier monastère de femmes en Gaule [Saint-Jean d'Arles] on relève ce souci de répandre l'instruction dont on ne retrouve que fort peu l'équivalent aux XVIe, XVIIe, et XVIIIe siècles dans les missions du Nouveau Monde; l'instruction des Indiens d'Amérique sera tout-à-fait négligée, avec pour inévitable sanction l'extrême rareté du recrutement dans les populations indigènes.

L'article 5 de la règle donnée par saint Césaire à l'intention des moniales groupées autour de sa soeur [Césarie] a trait aux enfants. Elle spécifie qu'on ne doit les admettre au monastère sinon à partir de l'âge de six ou sept ans pour les instruire et éduquer. [...] Les monastères de femmes, comme la plupart des monastères d'hommes, sont autant d'écoles, et cela dès les débuts de la vie religieuse en Occident. [...] A l'époque féodale et au Moyen Age, les écoles monastiques un peu partout instruisent fillettes et garçonnets; à saint-Jean d'Arles, donc, [...] filles et garçons - ceux-ci en tout cas jusqu'à douze ans - sont éduqués sous la direction d'une religieuse, la primiceria; par la suite, c'est la chantre qui a en charge l'école en dehors de la liturgie et des choeurs; les uns et les autres sont étroitement associés, car, à l'époque, apprendre à lire signifie d'abord apprendre à chanter; on commence par chanter les psaumes, puis on retrouve les mots écrits qui sont déjà familiers à l'oreille, selon une méthode globale [...]

Le monastère Notre-Dame de Ronceray en Anjou reçoit dès 1116 du comte d'Anjou une dotation pour que treize enfants pauvres de son comté ou de celui du Maine soient nourris et élevés à ses frais dans ce couvent; ils fréquenteront soit l'école monastique, soit l'une des écoles d'Angers. Déjà, deux siècles auparavant, deux religieuses célèbres pour leur instruction et aussi, selon leur biographe, pour leur habileté de miniaturiste, Harlinde et Relinde, au IXe siècle, avaient été intruites au monastère de Valenciennes, où on leur avait appris le psautier, la lecture, le chant et aussi la peinture. (E. DE BRUYNES Etudes d'esthétique médiévale, t.II Bruges, 1946)

Il est question aussi au monastère de Bonn de petites écolières que l'abbesse sainte Adélaïde aimait interroger elle-même; au XIIe siècle, une charte du monastère Notre-Dame de Saintes datée de 1148, a été souscrite non seulement par la bibliothécaire ("librorum custoda") nommée Agnès Morel, mais aussi par plusieurs fillettes qui l'entourent : Ermengarde, Sibylle, Leticia, Agnès et Pétronille. De même, le monastère de Coyroux, affilié à Obazine, reçoit des petites filles et des petits garçons, mais ceux-ci, après l'âge de cinq ans, sont élevés dans une autre maison. Bref, les exemples manquent si peu qu'il serait présomptueux de vouloir tous les citer.

Notons néanmoins que le souci d'instruire les enfants, garçons et filles, est attesté par de nombreuses prescriptions des évêques, soucieux de réorganiser leur diocèse après les désastres du XIVe siècle. Ainsi, à Soissons, en 1403, l'évêque Simon de Bucy insiste auprès de ses chapelains et curés pour qu'ils veillent à ce que les parents envoient leurs enfants des deux sexes aux écoles de la ville; et d'enjoindre d'en ouvrir s'il n'y en avait pas dans la paroisse. Le roman de Jean Froissart intitulé L'Epinette amoureuse donnerait à entendre que, au moment où lui-même était un jeune garçon, c'est-à-dire vers 1350, il fréquentait avec ses compagnons la même école que l'héroïne de son roman. [...]

Instructrices laïques


Mais il faut noter aussi les établissements scolaires tenus par des laïques; d'après les rôles de la taille à la fin du XIIIe siècle, on connaît vingt deux maîtresses d'école à Paris; au XIVe siècle, celui qui a la surveillance des écoles dans le diocèse et qu'on nomme l'écolâtre, s'adressant aux enseignants, mentionne "les dames qui tiennent et enseignent aux écoles l'art de la grammaire". Souvent instruites, bien des femmes sont également soucieuses de répandre le savoir; nombreuses sont les fondations faites par elles dans ce but : c'est la dame de Montmirail, Héloïse de Dampierre, qui, dès le début du XIIIe siècle, constitue des réserves de vivres pour les écoliers de saint-Nicolas de Soissons; ou Jeanne du Châtel, qui dote les petits élèves de saint-Jean des Vignes étudiant à Paris. A Reims, le collège des Crevés, qui remonte lui aussi au XIIIe siècle, et qui était le collège le plus important de la ville, avec celui des Bons Enfants, doit son nom à sa fondatrice, Flandrine la Crevée.
------> Education des filles au XVIe siècle [#]

 

Femmes et culture

[...] L'étonnante culture d'Héloïse, qui devenue bien malgré elle abbesse du Paraclet, enseigne à ses moniales le grec et l'hébreu, avait été acquise par elle au couvent d'Argenteuil; elle l'avait quitté dès l'âge de seize ou dix-sept ans parce que les religieuses n'avaient plus rien à lui apprendre.

Il faut d'ailleurs tenir compte, pour ceux et celles qui ne fréquentent pas l'école, de cette culture latente que répandent les sermons. Depuis l'invention de l'imprimerie, on a pris l'habitude, en Occident surtout, de ne tenir compte que d'une culture avant tout littérale [...] Cette culture latente dispensée aux temps féodaux est la même pour les filles que pour les garçons. [...] Au milieu du XIIIe siècle, Vincent de Beauvais, génial frère prêcheur au savoir encyclopédique, auquel saint Louis a confié le soin de sa bibliothèque et l'éducation de ses enfants, conseille d'apprendre les lettres aux filles comme aux garçons [...]

Encore au XIVe siècle, la chronique de Villani  [Giovanni VILLANI (ca1280-1348)] note qu'à Florence, vers 1338, les petites écoles sont fréquentées par un enfant sur deux, garçons ou filles, prend-il soin de préciser. Ce n'est qu'assez tardivement qu'on se posera la question de savoir si ces dernières doivent être instruites ou non. Une Christine de Pisan reprendra les conseils de Vincent de Beauvais, alors qu'un Philippe de Novare penche pour leur ignorance; Francesco da Barberino, qui, en Italie, parle de l'éducation en général, préfère qu'on apprenne aux filles "les tâches ménagères, " [...] Il admet pourtant que les femmes de la noblesse doivent savoir lire et aussi, bien entendu, les religieuses, mais dès cette époque la mentalité a changé, et l'influence de l'université, notamment, s'est fait sentir en ce domaine. De plus en plus l'instruction deviendra l'apanage des hommes.

[fin de citation] //////////////////////////////////////////////////////////////////////
Même auteur, même ouvrage :
[#] Art gothique : mouvement et symboles (Symbolique - Histoire de l'Art)
[#] Chevalerie (Cavaliers)
[#] [TABLE][GANTS] biens d'un ménage au Moyen Age (autour de la carte Bateleur)
[#] La condition féminine sous l'Antiquité (Papesse)
[#] Dhuoda : Le Manuel pour mon fils (IXe s.) (Papesse, Impératrice)
[#] [ABBESSE] Les premières abbesses (Papesse)

[#] L'Impératrice Agnès (autour de la carte Impératrice, concerne aussi IV,V,IX)
[#] Mathilde de Toscane (autour de la carte Impératrice, concerne aussi IV et V)
[#] Le droit de la femme mariée (Impératrice, Justice)
[#] Les deux hommes en moi (autour de la carte Amoureux, concerne aussi XVIIII)
[#] Abbaye Maison-Dieu de Saint Morillon (Maison Dieu)
[#] Fabiola et les premiers hôpitaux (XVI)

[#] Vêtements de femme au Moyen Age

 

illustrations
Colophons de la moniale Guda (XIIe s.) et de Claricia (ca 1200) :
source : public.wsu.edu/~fa308310/fa308/middleages.html

L  I  E  N  S 

DEFINITIONS :
Psautier : dvlf.uchicago.edu/mot/psautier

LIEUX CITES :
Monastère cistercien de COYROUX : www.ville-aubazine.fr/spip/spip.php?article9
Abbaye Saint-Jean-des-Vignes de SOISSONS : www.ville-soissons.fr/decouvrir_soissons/patrimoine/patrimoine_a_decouvrir/architectural/l_ancienne_abbaye_saint_jean_des_vignes
Saint-Nicolas-aux-Bois de SOISSONS : sahs-soissons.org/menu/cadre.php?page=figu_lieux&som=pho&ssom=phoc_lieux&lettre=s&tpg=alv&v_bib_grave_nom=St-Nicolas-aux-Bois&dosnum=22&PHPSESSID=c46914a98da724d64965b875f8c17df3
Ile de THANET, Kent, Angleterre : www.1911encyclopedia.org/Isle_of_Thanet

PERSONNAGES CITES :Karl BARTSCH, médiéviste et philologue allemand (1832-1888) : de.wikipedia.org/wiki/Karl_Bartsch
BAUDRI de BOURGUEIL archevêque de Dol (ca1060 - 1130) :
www.mondes-normands.caen.fr/france/ensavoirplus/sources/BaudriBourgueil.htm

saint BONIFACE, apôtre de l'Allemagne (+754) :
www.newadvent.org/cathen/02656a.htm et fr.wikipedia.org/wiki/Boniface_de_Mayence

saint CESAIRE d'Arles (+542) : nominis.cef.fr/contenus/saint/1740/Saint-Cesaire-d-Arles.html
ermite CHRISTINE de St Albans - Christina of Markyate (ca 1096-98 - ca 1160) :
womenshistory.about.com/cs/religion/p/c_markyate.htm

CHRISTINE de PISAN, écrivaine (1364 - ca 1430) : fr.wikipedia.org/wiki/Christine_de_Pisan
Jean FROISSART, chroniqueur (ca1337 - après 1440) : fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Froissart

saintes HARLINDE ET RELINDE : books.google.fr/books?id=jpCN8JvNrUQC&pg=PA47&lpg=PA47&dq=Harlinde+et+Relinde&source=bl&ots=ffQT0ojZl8&sig=qDOc84T6tmqWvl4mcSCInsXgEVk&hl=fr&ei=jpf3TefDMcq48gOqsfzECw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CB0Q6AEwAQ#v=onepage&q=Harlinde%20et%20Relinde&f=false
HELOISE d'Argenteuil (+1164) :
fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_d%E2%80%99Argenteuil
VINCENT DE BEAUVAIS, dominicain (+1264) : fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_de_Beauvais
Giovanni VILLANI (ca 1280-1348), chroniqueur florentin : fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Villani

POINT BIBLIOGRAPHIQUE PASSIONNANT :
Paulette L’HERMITE LECLERCQ, « Les femmes dans la vie religieuse au Moyen Âge. Un bref bilan bibliographique », 
Clio, numéro 8-1998,Georges Duby et l'histoire des femmes, [En ligne], mis en ligne le 03 juin 2005. URL : http://clio.revues.org/index323.html. Consulté le 30 octobre 2011.