11 janvier 2018

La corde symbole de passage d'un monde à l'autre

Au détour d'un livre consacré à l'iconographie de l'enfer et du diable, soudain, une enluminure nous hurle : attention, la descente aux enfers est sans espoir de retour. Une fois de plus, l'art roman utilise un symbolisme direct, très parlant. Le Christ est présenté à la fois en victime de la Croix (avec les clous du supplice bien visibles, car hors échelle) et en roi-juge (assis en position surélevée, au centre de l'image). Le diable est un animal qui marche à quatre pattes, il tire les damnés par la corde autour de leur cou. On... [Lire la suite]

24 janvier 2018

Libre vivais en l'Avril de mon âge... (XVIe s.)

A en croire le fameux recueil "Délie, objet de plus haute vertu" (1544), il suffirait de trois dizains seulement pour décrire l'imagerie de la carte de tarot VI. On pourrait dire à peu près que, libre, l'Amoureux vivait "dans l'avril de son âge", le pauvret, tranquille et tout, quand soudain "l'enfant archer lui étonna l'âme". Le voilà totalement "asservi" aux beaux yeux d'une dame. Problème : il la fuit autant qu'il se sent attiré, ce qui lui vaut de "haïr son vain désir" ... Mais arrêtons là : pour recoloriser la carte aux... [Lire la suite]
27 janvier 2018

Trouble, plaisir et peur mélangés (Marivaux)

Pour ce qui est de décrire la naissance du sentiment amoureux, nul ne peut nier la précision et la délicatesse qu'y met un Marivaux. On peut même affirmer qu'il s'agit de sa spécialité. Plus connu sans doute aujourd'hui pour son théâtre, le grand écrivain entame l'écriture du roman "La vie de Marianne" au début du XVIIIe siècle. Apporterait-il des lueurs nouvelles à propos de la carte VI L'AMOVREVX ? A voir. Au moins il fait parler la jeune fille. Elle n'est point outrageusement coquette, pour l'époque. On est ici à Paris vers 1730,... [Lire la suite]
27 janvier 2018

[MAT] La grande mobilité médiévale

Il y eut une époque où le voyageur devint un être anormal, un errant, plus ou moins vagabond, plus ou moins hors-la-loi.  Le médiéviste Jacques LE GOFF situe précisément ce changement au XIVe siècle. Le voyageur des tarots du XVIIe, le MAT à besace et bâton de marche, ne pouvait donc faire autrement que véhiculer une image douteuse. Son prédécesseur des tarots italiens du XVe s., lui, était un simple "fou" sans bagages.   Carte LE MAT [#] - Cartes de ROYS   Jacques LE GOFF : La Civilisation de l'Occident médiéval.... [Lire la suite]