02 octobre 2015

Le roi idéal fin XVIe siècle

Quelques vers composés fin XVIe siècle nous décrivent la figure d'un ROI IDEAL pour l'époque : honnête, efficace,  soucieux du bien d'autrui et, surtout, restant parfaitement insensible à la flatterie. Ces vers sont dûs à l'écrivain protestant Théodore Agrippa d'Aubigné (Pons 1552 - Genève 1630). Ce pamphlétaire enflammé était l'ami d'Henri de Navarre, futur roi Henri IV. Il fut aussi le grand-père de Françoise d'Aubigné (la future Madame de Maintenon, épouse morganatique de Louis XIV). Théodore Agrippa d' AUBIGNE : "Les... [Lire la suite]

06 octobre 2015

La Roue de Fortune de Voltaire (1740)

Carte X ROVE DE FORTVNE [#]Carte VII LE CHARIOT [#] Au XVIIIe siècle, les références à la roue de la Fortune sont encore en usage. Par exemple ici, chez Voltaire. Une roue de sa voiture se brise en cours de voyage ? lI pense aussitôt à la roue "qui gouverne les rois". Et c'est alors l'occasion pour Voltaire de flatter son interlocuteur : le poète courtisan affirme au passage, tout simplement, que seul Frédéric II, "le héros que j'aime", n'est pas soumis aux aléas de ladite Fortune. Portrait de Voltaire par Nicolas de Largillière, ca... [Lire la suite]
08 mars 2016

Ballade de la Fortune (Villon)

"Tout le long de cette ballade [de François Villon], c'est Fortune qui parle. Le poète se fait sermonner, bafouer et menacer par ce personnage allégorique, par cette divinité malveillante qui aime à se vanter de ses méfaits. Le thème n'était pas nouveau, et le procédé du discours direct était fréquent dans la poésie du XVe siècle. On trouve l'un et l'autre dans la Ballade CXIII de Charles d'Orléans, et dans beaucoup d'autres oeuvres - Ici, dans les strophes 2 et 3, Fortune passe en revue ses exploits; le procédé de l'énumération, cher... [Lire la suite]
27 juin 2017

un Amoureux de 72 ans

Seul, peut-être, le Tarot Parisien [#] montre un amoureux nettement plus âgé que les habituels jouvenceaux de la carte VI L'AMOUREUX. Pour autant, la "jeunesse" des sentiments et "l'ardeur" du désir amoureux concernent toutes les générations. La littérature germanique connaît bien le cas de Goethe. Comment ne pas évoquer, dans ce blog, l'amoureux transi de 72 ans ? Salutations aux germanistes audacieux qui choisissent un sujet de thèse en-dehors de l'une ou l'autre des nombreuses amours du poète ... carte VI L'AMOUREUX [#]carte... [Lire la suite]
09 septembre 2017

La lune et l'incertain des ténèbres (XVIe siècle)

Lyon, XVIe siècle : un poète amoureux décrit ses tourments. Maurice Scève utilise une langue qui peut nous sembler encore bien archaïque ... Ci-dessous figurent trois poèmes utilisant largement la métaphore de la lune. De quoi mieux percevoir comment la Renaissance française met cet astre en scène. Orthographe garantie d'époque ! carte XVIII LA LVNE [#] - VI L'AMOUREUX [#] Maurice SCEVE (ca 1504- ca 1564) : Poésiesprécédé de  : Jean TORTEL L'amour unique de Maurice Scève, H-L MERMOD, Lausanne 1961[extraits p. 76, 77, 120, 127]... [Lire la suite]
17 octobre 2017

Le balancement millénaire de la faux (R. Millet)

Et voilà !!! L'idée du blog était venue, en particulier, pour rappeler le vrai usage de la faux aux temps des tarots anciens (la fenaison plutôt que la moisson [#]). J'avais à peu près abandonné l'espoir de découvrir un texte précis sur la faux en action ... et voilà qu'au hasard du butinage en bibliothèque, en plein milieu d'un roman autobiographique, un jeune homme m'arrive ; miracle, il tient vraiment la faux en main, il l'utilise vraiment, et même il sait l'aiguiser. Devenu écrivain, il sait témoigner des gestes, des sensations,... [Lire la suite]

17 octobre 2017

de ta faulx dessaisie ... (XVIe siècle)

Le recueil de poésie "Délie, objet de plus haute vertu" est paru vers 1544 à Lyon. Il comporte pour l'essentiel 449 dizains décasyllabiques sur le thème de la plainte amoureuse. Outre les métaphores quasi inévitables (le carquois d'Eros, la lune qui fait redoubler la peur [#], etc...), on y trouve aussi des références à la Mort. Et même, très précisément, à la faux de la Mort ... cartes VI L'AMOUREUX [#] - XIII LA MORT [#]Objets & Outils [#]   Maurice SCEVE (ca 1504- ca 1564) : Poésiesprécédé de  : Jean TORTEL... [Lire la suite]
24 octobre 2017

Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant

La métaphore de la Mort comme "faucheuse" de vies perdure chez les poètes au long des siècles. On la trouve encore souvent au XIXème siècle, par exemple ici chez Victor Hugo. Le ton de ce poète est toujours un peu emphatique à nos oreilles du XXIe siècle : mais ainsi ne fait-il pas mieux résonner la menace sous-jacente à l'imagerie traditionnelle de la carte de tarot XIII-La Mort ? carte XIII [#] Victor HUGO : Les Contemplations (éd. originale 1856) Coll. Folio GALLIMARD 2016[extrait p. 214-215]... [Lire la suite]
15 novembre 2017

Le voyageur, libre et éternellement disponible

Pour nous parler du Mat, qui d'autre, à part ... un écrivain voyageur ? Voici Paul MORAND, fan de camping et de canoë tout autant que des paquebots transatlantiques et des hôtels de luxe. L'écrivain fait ici l'éloge du voyage désargenté - avec un ton parfois franchement suranné, compensé par des anecdotes savoureuses. Cela pourrait être l'éloge du Mat, ce voyageur bien décidé coûte que coûte à partir à l'aventure. Les anecdotes de Morand ont même un petit côté fou, disons hors normes. Appel du large, curiosité du monde, esprit de... [Lire la suite]
24 janvier 2018

Libre vivais en l'Avril de mon âge... (XVIe s.)

A en croire le fameux recueil "Délie, objet de plus haute vertu" (1544), il suffirait de trois dizains seulement pour décrire l'imagerie de la carte de tarot VI. On pourrait dire à peu près que, libre, l'Amoureux vivait "dans l'avril de son âge", le pauvret, tranquille et tout, quand soudain "l'enfant archer lui étonna l'âme". Le voilà totalement "asservi" aux beaux yeux d'une dame. Problème : il la fuit autant qu'il se sent attiré, ce qui lui vaut de "haïr son vain désir" ... Mais arrêtons là : pour recoloriser la carte aux... [Lire la suite]