Au début des années 1950, l'écrivain Marcelle Auclair travaillait à une biographie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle obtient l'autorisation d'entrer en clôture dans les carmels d'Espagne construits ou reconstruits par la Sainte quatre siècles plus tôt : Medina Del Campo, Malagon, Caravaca, Ségovie, Valladolid, Burgos, Soria, Villanueva de la Jara, Avila. Occasion incroyable de surprendre à travers leurs filles du XXe siècle, comment, en pratique, vivaient les moniales et leur prieure au Siècle d'Or.

carte II LA PAPESSE (sommaire) [#]
Vision de l'enfer de Ste Thérèse d'Avila [#]

Marcelle AUCLAIR : "A la Grâce de Dieu", autobiographie - Editions du Seuil (1973)
[extrait pp 118-133]
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Carmel de Ségovie, façade  (webshots)

2621613170055933152kFXmHR_fsLe Carmel de Ségovie est le premier où nous nous sommes présentées.
Je demandai la R.M. Prieure et lui expliquai de quoi il s'agissait, en passant par le tour la lettre d'autorisation. 
Ce fut la panique.

Nous n'entendions rien, nous ne voyions rien, nous n'avions sous les yeux que du bois, de la pierre, mais nous recevions les effluves d'un immense remue-ménage. Yvonne [Yvonne Chevalier, la photographe] et moi retenions notre souffle.
Enfin, une voix fluette :
- Nous vous supplions d'aller voir Mgr l'Evêque; demandez-lui de nous écrire... Comprenez-nous, pauvres monjitas que nous sommes, jamais nous n'avons vu un document comme le vôtre, nous avons peine à le déchiffrer (l'autorisation est en latin), et dans notre solitude... dans notre ignorance... Nous redoutons... Cela est si surprenant..., etc.

Quelques minutes plus tard, nous étions à l'évêché. Que de pourpre et d'or sur les sièges, sur les murs, aux fenêtres ! Nous admirions en silence lorsque l'évêque entra. Jeune encore, doué semblait-il par la nature d'un charme épiscopal onctueux, fait d'aménité et de dignité, il nous reçut en homme du monde. Son habit était du violet qu'affectionnent les prélats espagnols, tirant fortement sur l'incarnat.
- Je serais moi-même impuissant à refuser l'entrée du carmel aux porteuses de cette autorisation, dit-il avec un sourire après avoir examiné notre papier, mais je comprends l'émoi de ces chères filles.
Il nous retint une petite demi-heure, au cours de laquelle il sonda discrètement mes connaissances thérésiennes, tout en nous examinant, Yvonne et moi, de la tête aux pieds. Nous allions partir, quand il nous dit, un peu gêné  :
- Je vous conseille de mettre des bas pour entrer au carmel
- Monseigneur, nous avons des bas.
- Ah! Je vois. ce sont de ces bas qu'on appelle en cristal ! (en nylon)
- Soyez sans crainte, Monseigneur, nous possédons aussi de gros bas de laine...
Nous portâmes la lettre de Monseigneur au couvent; la prieure nous accorda d'entrer en clôture le lendemain matin.

Désormais, dès que nous arrivions à proximité d'un carmel, nous nous présentions, de prime abord, à l'évêché dont le couvent dépendait. C'est avec la garantie du clergé local que nous abordions la prieure. Nous rencontrâmes ainsi de saints prélats (...)

 pp. 122

Plongée dans le XVIe siècle

 

porte du Carmel de Ségovie, 2006 (webshots.com)

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Rien n'est opaque comme la porte d'un carmel espagnol. Rien n'est plus définitivement fait d'un bois massif, rébarbatif. Toutes les portes au monde, même celles des prisons, sont transparentes en comparaison : l'imagination peut se représenter ce qui se passe au-delà, anticiper sur l'instant du face à face avec un être humain; mais rien n'aide la pensée à pénétrer dans un carmel : on bute contre l'obstacle, vieux chêne bardé de ferrures, de serrures, dont l'oeil se fatigue à calculer le nombre et l'épaisseur.

On entend enfin des grincements solennels, d'invisibles verrous glissent. S'ensuit un silence tangible, et les deux battants s'ouvrent sur des silhouettes brunes voilées de noir, immobiles, muettes.

Saluer le néant, orienter de timides sourires vers ces absences de regards et de voix, accélérer le transport des valises - après la pesanteur des appareils photographiques, du transformateur, les cartons bourrés de flashes sont d'une légèreté qui déconcerte les bras -, rajuster une mantille, rattraper un gant au vol, tout cela semble n'en plus finir tandis qu'on s'explique, tant bien que mal, en monologue, comme à tâtons.

Tout y est ? Le portail se referme. Alors, éclatent des cris d'oiseaux, des exclamations de bienvenue, des excuses :

- Benvenides Uds! Soyez les bienvenues! Nous sommes si contentes, si contentes! Mais nous n'avons pas le droit de parler tant que la porte est ouverte sur le monde.

Sous leur voile d'étamine noire, quatre carmélites, exemptées pour quelques heures de la règle du silence, nous inondent d'un flot de paroles affectueuses.

La répétition, dans neuf couvents différents - nous ne sommes pas allées à Caravaca - de ce cérémonial, n'émoussera pas l'émotion du premier contact. Comme ne faiblira point la passion de rechercher, dans chacun d'eux, des documents. Quête parfois angoissante.

Chapelle du couvent Saint-Joseph d'Avila - www.flickr.com
AVILASanJose3263293041_973f13f359Au couvent Saint-Joseph d'Avila, je demandai à la R.M. Prieure s'il n'existait pas une effigie de l'évêque Don Alvaro de Mendoza sur son tombeau.

- Pourquoi cela vous intéresse-t-il ?
- C'est mon ami... Il a été pour
sainte Thérèse [d'Avila] d'une bonté si efficace que j'aimerais voir son visage ...

La mère prieure fit un signe, une jeune religieuse disparut. Elle revint peu après, avec, dans chaque main, une assez grande peinture à l'huile.
- Don Alvaro de Mendoza, le voilà... En double exemplaire.

Cher Don Alvaro ! Je le contemplai, ébahie. Beau visage; la bouche décidée, le regard scrutateur sous les sourcils arqués; main élégante, aux doigts chargés de bagues.

- Madre ! Je n'en reviens pas ! Personne, aucun historien, nulle part, n'a fait allusion à ces portraits... Comment se fait-il ? Ils sont inconnus...
Je devinai un sourire sous l'étamine.
- Ils sont inconnus parce que jamais personne ne nous les a demandés.

Dès lors, de carmel en carmel, je promenais une idée fixe : rechercher les faits, les choses, auxquels jamais personne n'avait pensé...

 

 

 

 

Chaque carmélite est un "livre vivant" où l'on retrouve, intact, l'esprit de la Mère Fondatrice et même les traits de son caractère.
C'est sa vivacité qui donne à ses filles une si vive démarche; sa charité fait la chaleur de leur accueil, sa gaieté fuse dans leurs rires, son esprit d'organisation est présent dans le moindre détail. Enfin, Thérèse est toute entière dans l'amour de Dieu qui rayonne de ces "colombiers" où tout n'existe que pour son amour, tout n'est possible que par son amour.

Car ces filles joyeuses étaient pieds nus dans de minces sandales de corde - évidemment, pas le moindre chauffage -, et il faut avoir connu la Castille sous la neige pour savoir ce que peut être, au mois de janvier, le climat de Burgos ou celui d'Avila. Tuméfiées, couvertes d'engelures, nos amies n'admettent nulle compassion : "Tan contentas! Tan contentas!" semble être leur refrain.

En ces couvents, la règle et les constitutions se doublent de l'observance minutieuse, amoureuse, de la tradition; y pénétrer, c'est faire une plongée en plein XVIe siècle, rejoindre les nonnettes qui furent les "premières" pierres angulaires des fondations thérésiennes. Dans quelques-unes, le respect du passé est tel qu'il n'y a pas de vitre aux fenêtres, mais un écran de toile, ou de papier huilé. Quant à l'électricité, elle n'existe dans les pièces communes - pas dans les cellules- que depuis les années 1945, et encore parce que l'éclairage à l'huile est devenu trop coûteux. (On ose espérer que cela a évolué, dans les dernières années.)

Je les taquine :
- Hermanitas, petites soeurs, tout cela n'est plus la règle, c'est du folklore ! Si la Madre Fundadora vivait de nos jours, elle
malagon03 vous donnerait des douches, et dans vos cellules, des lavabos à eau courante, au lieu de votre cuvette minuscule. Songez à quel point elle fut en avance sur son temps !

Carmel de Malagon
www.cidudad-real.es

A Malagon, elle a installé une sorte de réfrigérateur pour avoir de l'eau fraîche - de grosses jarres en terre reliées par des tubes à robinet-, et inventé un moulin pour moudre les amandes. Elle disait : "Les amandes sont bonnes pour ces filles qui ne mangent pas de viande."  Elle fut l'une des premières diététiciennes au monde... Et au lieu de ces charrettes aux roues de bois pleines, elle visiterait aujourd'hui ses couvents dans une vieille jeep ...

Grave et subtile réponse de l'une d'elles :
- Certes. Mais, voyez-vous, il est dans les vieilles coutumes que nous conservons une poésie qui nous aide à supporter l'austérité de notre vie.

Ainsi de leur habit, qui pèse, avec la cape blanche de choeur, de dix à douze kilos. Certaines m'ont avoué qu'elles avaient beaucoup souffert de cette pesanteur au début. Mais le lent balancement de la bure accompagne leur démarche d'un bruissement d'étoffe d'une telle majesté que l'une d'elles m'a dit : "Le jour de ma prise d'habit, j'eus une joie intense en constatant que sonaba a monja..." Comment traduire ? "Je rendais un bruit de religieuse."

A cette robe, elles sont attachées. On imagine mal les carmélites adoptant la robe courte, comme tant d'ordres féminins le font aujourd'hui. Une prieure nous conjura de rechercher à Paris, pour les lui envoyer, les grosses épingles en cuivre doré qui, traditionnellement, remplacent pour elles les boutons. Introuvables en Espagne, paraît-il. J'ai fouillé en vain tous les merciers du quartier du Temple. Rien. En faire fabriquer reviendrait très cher. Au cours du temps, tout anachronisme est un luxe. Qu'à celà ne tienne, si la tradition spirituelle prévaut sur les us et coutumes. La Santa le disait :

"A Dieu, tous les temps sont bons pour accorder ses grâces à qui le sert sincèrement."

 

La charité de ses filles est éternelle. Au cours de nos visites, elles me suivaient avec une chaise et m'enveloppaient dans une couverture, une bouillotte sur les genoux, lorsque je devais m'immobiliser. Elles me disaient :
- Restez avec nous !
- J'aimerais bien, mais je n'aurais plus droit à la bouillotte...
- Notre Mère vous réchaufferait. Elle disait : "Mon naturel est si reconnaissant qu'on me subornerait avec une sardine." Que ne ferait-elle pour vous, qui lui donnez beaucoup plus qu'une sardine ?

Yvonne Chevalier et moi avons appris à rire d'un rire de carmélites. Emues de voir Yvonne prendre tant de mal pour photographier leurs plus chères reliques, elles l'aidaient de leur mieux, portaient ses accessoires, et une très ancienne caressait ses cheveux.

 

 

Dans ces monastères, tout est d'une extrême pauvreté, mais beau de la simplicité des formes et de l'harmonie de quatre couleurs : blanc des murs, brun de la bure et des bois, rouge-rose-rouillé des briques, des tuiles, des carrelages, le bleu du ciel comme toile de fond.

Ainsi, les cellules. Le lit est fait de cordes tressées tendues entre les quatre planches d'un châssis, et d'une paillasse. "Là où 2884340070055933152CvMMOm_phnous avons de la paille, nous avons des lits", disait la Fondatrice. Les draps sont en bure blanche. Au mur, une immense croix nue à laquelle s'accrochent la discipline et les cilices. Une petite étagère pour quelques nippes et les livres. Sur le sol dallé, une plaque de liège sur laquelle la carmélite, assise sur ses talons, s'installe pour travailler, dans la solitude et le silence. Seule la prieure a droit à une chaise et une table.

cellule de Ste Thérèse
Carmel d'Avila
www.webshots.com

La Mère Fondatrice s'opposait aux ouvroirs, où les papotages sont inévitables. Nul mieux qu'elle n'a compris la psychologie féminine. C'est pourquoi, au début, ses couvents ne devaient compter que douze religieuses, plus leur prieure : il lui semblait difficile d'obtenir l'entente au-delà de ce nombre. Elle consentit enfin à admettre vingt-quatre soeurs, mais pas une de plus, et disait : "quarante femme ensemble, c'est l'enfer." De même, elle refusa toujours de recevoir deux femmes de la même famille dans un couvent : elle avait ses raisons; il est prouvé aujourd'hui que si le carmel de Lisieux n'avait pas été envahi par la famille Martin, Thérèse de l'Enfant Jésus eût été toute aussi sainte, mais elle aurait moins souffert.

Ce même bon sens lui a fait écrire dans les constitutions : "Quiconque veut manger doit travailler." Ses carmélites recevaient des aumônes, certes, mais il leur était interdit de quémander. Elles devaient vivre de leur labeur. En ceci encore, la tradition se greffe sur la règle; ces filles d'Espagne font ronronner le rouet, comme aux temps anciens; on ne s'étonnera donc pas de la minceur de leurs gains. La prieure de Burgos a introduit un métier à tisser : on y confectionne la bure blanche qu'achètent les tertiaires qui souhaitent être ensevelis dans la cape de l'ordre. (Note de l'Auteur : depuis 1950, cela a dû évoluer.)

 

Autour des métiers comme au lavoir, comme à la cuisine, silence.
Silence et solitude.
A part la chapelle, les carmélites ne se retrouvent qu'au réfectoire et en récréation.
Notre surprise, lorsque nous entendîmes, à travers une porte, un air de
jota hardiment chanté ! La porte s'ouvrit : c'était la récréation, au carmel de Ségovie.

La jota était non seulement chantée, mais dansée par quatre novices fraîches comme des bouquets.
          El carmelo de Segovia
       no tiene envidia a ninguno
       porque està velando el sueño
       del mejor cantor que hubo.

       Carmelo de mis amores,
       ya que me tienes presa,
       abràsame en la llama
       de Juan Elias y Teresa.

(Le carmel de Ségovie - n'en envie aucun autre,- car il veille sur le sommeil - du meilleur chanteur qui fut... Carmel de mes amours, puisque je suis ta captive,- embrase-moi de la famme - de Jean, Elie et Thérèse.)
Ce "meilleur chanteur du monde", c'est saint Jean de la Croix, dont la tombe est à Ségovie. Les paroles sont d'une novice, sur l'un des airs de jota aragonaise les plus populaires.
Les kilos de bure tournoient allègrement. Non, les filles de Sainte Thérèse d'Avila ne sont pas des saintes "renfrognées" ! Leurs soeurs les regardent en filant la laine.

Parfois, lorsque le sablier qui sert de pendule s'est vidé, un bref claquement rappelle la présence de Dieu aux fileuses, aux danseuses, qui ne prennent pas pour autant l'air confit : Dieu n'est-il pas leur hôte coutumier ?
Et l'on bavarde ! Et l'on commente !
- Votre visite, dit la R.M. Prieure, va alimenter les conversations pendant longtemps...
En attendant, nous prenons part au bavardage. La communauté, nous dit-on, compte plusieurs poétesses et musiciennes.

Autre couvent. Une quinzaine de novices, assises en rond par terre, sur leurs talons, chantent  El Trapero (Le chiffonnier) : c'est Jésus enfant qui d'une âme en loques fait une âme glorieuse ... Chant à plusieurs voix, d'une exquise justesse. A nos compliments, les quinze, d'un même élan, baisent les dalles pour se rappeler à l'humilité, et relèvent des visages rayonnants.
Les jours de fête, il arrive à la Prieure de se mettre au piano, et tout le monde danse.
Quand je donne ce détail à des carmélites de France, l'une d'elles pousse un soupir : "Ici, en fait d'instrument, nous ne possédons qu'un diapason..."

 

Beauté des réfectoires. Ce sont de longues pièces blanchies à la chaux, souvent voûtées. Les tables, étroites, polies à coup de torchon depuis des siècles, brillent discrètement.
Entre la place de la prieure et celle de la sous-prieure, une tête de mort. "Une ancienne de l'ordre", nous dit-on. Le jour où la tête de mort n'est pas à sa place, cela signifie qu'il y a parleta : on a le droit de parler à table ...
A
Valladolid, sur un crâne desséché, une étiquette. Je lis : "Maria Bautista".
- S'agit-il de la nièce de sainte Thérèse ? Votre première Prieure ?
C'est bien elle : une toute petite boîte crânienne, donc un tout petit cerveau. Lors de la dernière visite de la Santa en ce couvent - elle se rendait à Alba de Tormes pour y mourir-, Maria Bautista lui avait dit : "Allez-vous en, et ne revenez plus !"
Je l'examinai avec une certaine satisfaction et commentai :
- Sa petite tête prouve qu'elle était encore plus bête que méchante.
- Doña Marcela ! Notre Sainte Mère lui a pardonné. Pardonnez-lui, vous aussi ...

Le couvert des carmélites du vieux temps est une belle nature morte. Sur une serviette immaculée, cuiller et fourchette en bois font une tâche blonde, et l'huilier individuel, le pot à eau, la salière sont souvent d'authentique porcelaine de Talavera, blanche, avec, en bleu, l'écusson du carmel : la croix et trois étoiles. On voit bien que les religieuses font la vaisselle elles-mêmes : il n'y a pas de casse depuis des siècles... Celle qui "fait un malheur" est punie : elle passe l'un des repas à genoux au milieu du réfectoire, un collier de vaisselle brisée autour du cou.
Ca n'est pas méchant. Enfantin, plutôt, comme certains amusements. Mais Sainte Thérèse disait : "Il faut tout cela, pour que la vie soit supportable..."
L'usage veut que la carmélite soulève des deux mains son bol que réchauffe soir et matin la soupe à l'ail...

 

Beaux gestes traditionnels. Ainsi, le réveil, le coucher.
A quatre heures trente en été, cinq heures trente en hiver, trois coups de claquette. Une voix chante, sur deux notes : "Loués soient Notre Seigneur Jésus Christ et la Vierge Marie Sa Mère ! A la prière, mes soeurs ! Allons louer le Seigneueueur ! "
La dernière syllabe vibre longuement.
La porte d'une cellule s'ouvre, puis deux, puis trois, et à mesure, chaque religieuse, agenouillée sur le seuil, reprend à son tour, d'une voix fraîche ou grave, l'invocation d'appel.
Le carmel s'éveille, de chanson en chanson, comme un arbre plein d'oiseaux.

 

Le soir, c'est vers vingt-trois heures trente que l'une des soeurs parcourt les cloîtres. (...)

Voilà toutes les moniales à genoux, chacune devant sa cellule. Leur Prieure les bénit, l'une après l'autre. Et les portes se ferment.

Des mains de la portière agenouillée, la prieure reçoit l'énorme trousseau des clés du couvent.

La nuit va régner, qui fut si transparente au temps où le sommeil de la grande fondatrice était bercé, en ce lieu même, par le chant des séraphins.

Car partout, on retrouve la Santa.
Au cours de nos visites, il arrive, soudain, qu'une brise embaumée nous enveloppe.
Les soeurs échangent un regard, et disent :
- c'est elle... Elle est ici...

[fin de l'extrait] ///////////////////////////////////////////////////////////////////
Même auteur, même ouvrage, autre extrait :
Mrs Y, guru (sur la carte XV) [#]
Même auteur, extrait d'un autre ouvrage : Ne vous rongez pas (carte XII LE PENDV) [#]

Ecrits de saints cités dans le blog :  L'Oeil de mon âme, prière de St Anselme [#] - Lettre 263 de Ste Catherine de Sienne [#] - profession érémitique de St Etienne de Muret [#] - St François de Sales [#][#][#][#] Règle des ermites attribuée à Richard Rolle [#][#] - St Romuald [#] - Ste Thérèse de Lisieux [#] - Ste Thérèse d'Avila [#][#]

Ecrits de moniales cités dans le blog :
Theophora SCHNEIDER, docteur en philosophie, soeur bénédictine de Herstelle (1965) : Eros et Agapê [#]
Soeur EMMANUELLE (1898-2008) : Dieu n'est pas un empereur à tralala [#]
Ste THERESE D'AVILA : Vision de l'enfer [#]

Témoignages autobiographiques cités dans le blog :
Marcelle AUCLAIR (1899-1983), écrivain [#][#] - SOEUR EMMANUELLE (1908-2008)
[#] - André FROSSARD (1915-1995), journaliste [#] - Jacques LANZMANN, écrivain [#] - Wangari MAATHAÏ (1940-2011), scientifique [#] - Ste THERESE D'AVILA (1515-1582) [#] - André VESALE (1514-1564), anatomiste [#] 

 

 L  I  E  N  S

LE CARMEL (autres images) :

SAINTE THERESE D'AVILA (1515-1582) :

ESPAGNE AU XVIe SIECLE :

ILLUSTRATIONS :